Les différentes formes d’agriculture et leurs impacts sur l’environnement.

La rentabilité et l’écologie, amies ou ennemies ? …

En France, l’agriculture occupe une place importante dans l’alimentation et l’économie.

Il existe aujourd’hui différentes formes d’agriculture, avec des objectifs et des impacts très différents. Alors, comment produit-on aujourd’hui ? Et quels impacts pour demain ?

Différentes façons de produire

La France est la première puissance agricole de l’Union européenne (UE) et représente environ 18 % de la production totale. Mais derrière ces chiffres se cachent des pratiques agricoles très différentes selon les régions et la variété cultivée. Décrivons les principales méthodes ensemble !

Premièrement, parlons de l’agriculture conventionnelle. Elle représente pas moins de 85 % des exploitations agricoles françaises. Cette méthode se caractérise par une utilisation importante de produits chimiques, tels que des produits fertilisants ou phytosanitaires, ainsi que par l’usage de machines agricoles. L’objectif principal ? La rentabilité !

Deuxièmement, l’agriculture biologique concerne 9 % des exploitations françaises. Cette méthode se définit comme un mode de production durable. Elle interdit l’usage de produits chimiques de synthèse et d’OGM, met en avant l’importance du bien-être animal et protège la biodiversité des sols. Ici, pas question d’utiliser de pesticides ! 

Et enfin, l’agriculture raisonnée et de conservation. Bien que cette pratique soit un peu moins développée en France, elle vise à réduire l’utilisation de pesticides, tout en maintenant la rentabilité des exploitations. Cette méthode repose sur trois principes : la rotation des cultures, la couverture permanente des sols et la diminution du travail du sol. 

Trois grandes méthodes avec des objectifs similaires : produire et assurer un revenu aux producteurs. Mais quels sont les impacts de ces approches ? 

Les impacts sur l’environnement

D’abord, parlons de l’eau. Elle doit être acheminée et distribuée pour irriguer à grande échelle certaines parcelles de certaines cultures, parfois aux dépens d’autres usages.

Mais aussi, elle peut être polluée par différents produits chimiques comme des pesticides ou certains engrais. Ces polluants peuvent s’infiltrer dans les sols et atteindre les nappes phréatiques, ces réserves d’eau souterraines que nous utilisons quotidiennement.

Ensuite, les sols agricoles. Ils peuvent être impactés à différentes échelles, et notamment par certaines pratiques agricoles lorsqu’elles sont mal réalisées. Prenons l’exemple du labour ! Il consiste à retourner et à enfouir sous terre la couche supérieure du sol pour l’aérer et favoriser la pousse de nouvelles plantations.

Pourtant, une fréquence trop élevée de labour peut réduire la capacité du sol à absorber et à stocker du carbone. Labourer moins ? Oui. Ne plus labourer du tout ? Pas si simple. Le sol pourrait se tasser et favoriser la prolifération de mauvaises herbes. Tout est donc une histoire de méthodologie et d’équilibre !

Et enfin, la biodiversité. La disparition des haies, l’utilisation de pesticides ou encore l’assèchement des mares réduisent les habitats disponibles pour de nombreuses espèces. Résultat ? Une diminution de la diversité des espèces présentes sur les surfaces agricoles. 

Alors, comment concilier rentabilité agricole et protection de l’environnement ?

Vers une agriculture plus durable

Dans les prochaines années, le domaine agricole va devoir s’adapter à de nouveaux enjeux. L’objectif principal ? Diminuer son impact sur le territoire et adapter les méthodes au développement durable, tout en répondant aux besoins de la population. 

Ces questions se posent à l’échelle de la France, mais également de l’Europe. 

Plusieurs pratiques sont progressivement mises en place. On s’intéresse de plus en plus à la rotation des cultures, à la réduction du travail du sol ou encore au développement des cultures associées, c’est-à-dire la culture de plusieurs variétés sur une même parcelle.

Les innovations technologiques sont également au cœur de l’attention. Elles pourraient permettre de réduire le coût énergétique et d’assurer une gestion plus raisonnée de l’eau. La réduction et la régulation de l’utilisation des pesticides s’inscrivent dans la même dynamique, notamment pour préserver la qualité de l’eau, mais aussi sa disponibilité. 

Malheureusement, pour les exploitants, adapter les équipements, modifier les pratiques ou investir dans de nouvelles technologies demande un effort considérable. 

Durant les prochaines années, l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre production, rentabilité et préservation de l’environnement. 

Quels objectifs pour demain ?

À l’échelle européenne, plusieurs politiques sont mises en place pour soutenir le domaine agricole, mais elles sont encore souvent débattues. Prenons l’exemple de la PAC, la politique agricole commune.

C’est une politique gérée et financée par l’UE qui permet de soutenir financièrement certains agriculteurs. Mais dans les faits, les aides de la PAC ont tendance à favoriser les modèles d’agriculture conventionnelle, notamment les exploitations les plus grandes, au détriment de modes de production plus diversifiés. Et face aux enjeux actuels, l’agriculture conventionnelle n’est sûrement pas la seule solution à privilégier.

En revanche, bonne nouvelle, certaines stratégies visent à protéger l’environnement et la santé ! 

La stratégie Écophyto 2030 est sous les projecteurs depuis quelques années. Elle vise à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires de 50 % en 2030, pour éviter les risques associés à leur utilisation.

L’objectif serait de financer des projets de remplacement des pesticides, d’étudier leur impact réel et de développer de nouveaux outils et solutions pour les exploitants.

Et selon les Chambres d’agriculture en France, le programme est prometteur : la part des substances classées comme dangereuses pour l’organisme serait passée de 33 % à 15 % en 12 ans. 

Sources

Crédit illustration : Magnific par pikisuperstar

 

 

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