La soif insatiable des intelligences artificielles

L’intelligence artificielle, une technologie particulièrement gourmande en eau douce. …

Les centres de données sont des infrastructures qui permettent à l’intelligence artificielle de fonctionner correctement. Pour alimenter ces installations, deux ressources sont indispensables : de l’eau et de l’électricité. Mais au fait, d’où vient cette eau et à quoi sert-elle vraiment ? 

Zoom sur cette utilisation qui pourrait nous faire économiser des milliers de piscines olympiques par années. Oui, oui… vous avez bien lu.

Pourquoi l’intelligence artificielle a-t-elle besoin d’eau ?

L’intelligence artificielle nécessite de nombreuses ressources pour fonctionner, notamment de l’électricité et de l’eau. Mais à quoi sert concrètement toute cette eau ? 

Chaque fois que vous utilisez une IA, des milliers de serveurs s’activent. Cette activité électrique intense produit une quantité de chaleur colossale, et pour éviter que les circuits ne surchauffent, il faut les refroidir en continu. C’est là que l’eau entre en scène ! D’un côté, elle est utilisée directement dans les centres de données pour dissiper la chaleur. De l’autre, elle intervient indirectement pour fabriquer les composants électroniques et produire de l’électricité.

Mais revenons à nos moutons. Plusieurs méthodes existent pour refroidir ces équipements, la plus connue étant la tour de refroidissement. Dans ce système, une partie de l’eau s’évapore pour évacuer la chaleur. Et pour compenser l’eau évaporée, ces équipements demandent un apport continu en eau douce. Par dessus tout, l’eau utilisée pour refroidir les serveurs doit être déminéralisée, afin d’éviter que des dépôts de minéraux n’encrassent les circuits et rendent le refroidissement inefficace.

Certains sites utilisent également l’air extérieur pour refroidir leurs équipements.  Malheureusement, ce système atteint vite ses limites. Dès que la température dépasse les 30°C ou que le climat est trop sec, il faut à nouveau réinjecter de l’eau douce. Autant dire qu’en période de canicule, ça devient compliqué… 

Prélever VS consommer : quelle est la différence ?

Lorsqu’on parle de prélèvement, l’eau est puisée dans une source comme une rivière ou une nappe phréatique. Elle sert à refroidir le système, puis elle est entièrement restituée à son milieu d’origine. L’eau reste donc théoriquement réutilisable, mais elle en ressort généralement plus chaude et perturbe les écosystèmes aquatiques environnants. 

En revanche, la consommation implique que l’eau s’évapore ou s’altère au cours du processus. Elle ne revient pas à sa source initiale et évidemment, cela soulève de nombreux problèmes. Non seulement cela diminue la ressource disponible pour l’agriculture ou l’eau potable, mais en plus, cette consommation modifie le cours des rivières ou perturbe la biodiversité environnante. 

Et l’intelligence artificielle, est-ce qu’elle consomme ou elle prélève ? En pratique, elle fait les deux. Selon les implantations et les sites, un centre de données va soit prélever de grandes quantités d’eau disponible dans un cours d’eau, soit en consommer une quantité astronomique. 

En fonction des technologies de refroidissement utilisées, l’impact sur nos ressources en eau peut donc prendre des formes bien différentes ! 

Un problème croissant pour les années à venir

Suite au développement exponentiel de l’intelligence artificielle et à la construction de nouveaux centres de données dans les années à venir, la pression sur les ressources naturelles s’accélère. D’ici 2030, l’ONU estime que la demande en ressources de l’intelligence artificielle devrait être multipliée par deux. 

Pour mieux comprendre ce coût environnemental, explorons quelques chiffres. En France, il faut en moyenne 7 litres d’eau pour produire un seul kilowatt-heure (kWh), une quantité d’énergie qui nous permettrait de regarder la télévision pendant 3 à 5h. Dans d’autres pays, comme le Brésil par exemple, ce chiffre peut atteindre les 29 litres par kWh. 

Et puis, lorsqu’on s’intéresse à la consommation des entreprises du secteur, les chiffres peuvent être étonnants. Selon leur rapport annuel 2026, Google indique avoir consommé 41 millions de mètres cubes d’eau à travers ses centres de données et ses bureaux en 2025. Une grande partie étant allouée au développement et à l’entraînement de l’intelligence artificielle. Pour vous donner une idée, cela représente environ 16 400 piscines olympiques en un an… Et tout ça, c’est de l’eau douce ! 

Malheureusement, cette utilisation s’intensifie d’années en années, puisque leur consommation à augmenté de 34% entre de 2024 à 2025. 

Quelles solutions pour l’avenir ?

Pour faire face à la demande grandissante en ressources de l’intelligence artificielle, l’industrie recherche des alternatives pour réduire sa consommation d’eau. 

Certaines entreprises cherchent à substituer l’eau douce potable utilisée par de l’eau de pluie ou de l’eau de mer dessalée. Malheureusement, le dessalement reste encore aujourd’hui très gourmand en énergie. D’autres s’intéressent davantage au recyclage et à la réutilisation de l’eau. Les méthodes sont très diverses ! 

L’industrie de l’IA est également appelée à la transparence concernant leurs consommations. De nombreuses entreprises restent vagues sur leurs chiffres réels, et la mise en place de cadres légaux stricts pourrait forcer ces acteurs à publier leurs données et à adopter des mesures d’économies plus performantes. 

Et puis, évidemment, des innovations technologiques font leur apparition ! Microsoft a notamment annoncé vouloir déployer des systèmes de refroidissement qui ne consommerait plus d’eau pour ses futurs centres de données d’ici 2027. Reste à savoir comment fonctionnera cette mystérieuse technologie. En tout cas, cela pourrait encourager d’autres entreprises à s’intéresser à des processus similaires dans les années à venir. 

Sources

Crédit illustration : vectorjuice par Magnific

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